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Histoire du domaine de la Romanée-Conti
Parmi les "100 vins qu'il faut goûter avant de mourir", sélectionnés par le magazine britannique spécialiste du vin Decanter, trois des dix premiers provenaient du Domaine de la Romanée Conti.
La Bourgogne est certainement l’une des régions viticoles les plus complexes au monde, un véritable « casse-tête » de terroirs et de parcelles. Une parcelle de 1,8 hectare se fait pourtant remarquer à travers ce puzzle, la Romanée Conti du domaine de la Romanée Conti. La Romanée Conti est un monopole, c’est-à-dire qu’elle n’appartient et qu’elle n’est cultivée, que part un propriétaire, le domaine de la Romanée Conti. La mention monopole apparaît sur chaque étiquette de ce grand cru. Mais le domaine de la Romanée Conti ne se limite pas qu’à ce vin exceptionnel, le domaine produit d’autres grands crus.
Situé sur la Côte de Nuits, le village de Vosne-Romanée est certainement l’un des villages les plus connus de Bourgogne. Il est connu dans le monde entier, notamment grâce à ses 200 hectares sur lesquels poussent les six grands crus qui l’entourent : Richebourg, La Romanée, Romanée-Conti, Romanée Saint-Vivant, Grande-Rue et La Tâche, qui est également un monopole du domaine de la Romanée Conti. Le plus célèbre de ces crus est certainement le fameux Romanée Conti, un des vins les plus chers et les plus rares de la planète.
Les origines du domaine de la Romanée Conti remonteraient à l’époque romaine. Exploitée, cependant, depuis 1232, la parcelle de la Romanée Conti n’a changé que neuf fois de propriétaire. La création de cette parcelle de 1,8 hectare, plantée uniquement en pinot noir par les moines de Saint-Vivant, date du XVème siècle. Elle n’a d’ailleurs pas évolué, ni bougé depuis. Les moines allèrent chercher dans les forêts de Bourgogne, le pinot noir, qui fut sélectionné avec grand soin. Cette parcelle se situe entre Gevrey et Vougeot, sur un sol d’argile fin, que l’on ne trouve pas chez ses voisins. Elle regarde vers le Sud, au point de rupture avec le Richebourg. Le drainage naturel y est parfait.
Au XVIIème siècle, la noblesse de cour commence à s’intéresser au vignoble de la Romanée. En 1760, le prince Louis François de Bourbon-Conti et Mme de Pompadour se disputent ce domaine. Le prince de Conti l’emporte et laisse son nom à la parcelle de 1,8 ha : la Romanée Conti. Il en sera propriétaire de 1760 à 1793.
En 1869, la Romanée Conti devient la propriété de M. Davault-Blochet. En 1942, son arrière-petit fils, M. de Villaine, devient copropriétaire de cette parcelle avec la famille Leroy. Les deux familles sont unies en société civile et exploitent également d’autres grands crus.
Les vignes de la parcelle de la Romanée Conti furent entièrement replantées en 1945, suite à l’épidémie de phylloxéra. Aucun vin ne fut produit de 1946 à 1951.
Le domaine de la Romanée Conti regroupe ainsi 25 hectares de vignobles, principalement dans la Côte de Beaune et la Côte de Nuits. Le domaine produit chaque année 100 000 bouteilles. La Tâche (6,5 ha), Richebourg (3,51 ha), Grands Echezeaux (3,52), Echezeaux (4,6 ha), Montrachet (54 ares), Vosne Romanée, Romanée Saint Vivant, Bâtard Montrachet et Romanée Conti (1,58 ha) forment ainsi le domaine de la Romanée Conti. La rareté de la Romanée Conti (6000 bouteilles par an) oblige les propriétaires à vendre ces vins en caisse panachée de 12 bouteilles. La caisse contient une bouteille de Romanée Conti et 11 autres bouteilles parmi les autres grands crus du domaine (Echezeaux, Grands Echezeaux, La Tâche, Richebourg et Romanée Saint Vivant). Les 3000 bouteilles de Montrachet, produites en moyenne chaque année, sont commercialisées à part. Il faut également noter que les premiers crus du domaine ne sont commercialisés que de manière exceptionnelle. En 1999, le Vosne Romanée fut commercialisé. Les 12 ouvrées de Bâtard Montrachet du domaine sont cependant réservées à la consommation personnelle du domaine.
Les vins du domaine de la Romanée Conti ne sont mis en vente qu’après trois ans. Tout est mis en œuvre pour obtenir des vins de garde, Henry-Frédéric Roch, co-gérant du domaine avec Aubert de Villaine, a ainsi introduit la culture biodynamique depuis une dizaine d’années sur certains hectares. Les vignes sont vieilles de 30 à 40 ans en moyenne et les vendanges sont réalisées le plus tardivement possible. Le vin issu des vignes les plus jeunes n’est pas assemblé, mais il est commercialisé auprès des négoces de Bourgogne. La trie des raisins est pratiquée au domaine. Les vins sont vieillis en fûts de chêne pendant 18 mois.
Des vins inoubliables alliant puissance et douceur … |
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