La Bourgogne: Un puzzle de parcelles
La Bourgogne est certainement l’une des régions viticoles les plus complexes au monde. La disparité des vins, la parcellisation des appellations et les différences de climat font de cette région un véritable « casse-tête ».
1. Localisation
La Bourgogne viticole englobe 6 vignobles (Chablis, Côte de Nuits, Côte de Beaune, Côte Chalonnaise, le Mâconnais et le Beaujolais) et est répartie sur 4 départements (l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire et le Rhône). Cette région viticole s’étend donc d’Auxerre à Villefranche-sur-Saône. Elle passe notamment par les villes de Dijon, Beaune, Chalon et Mâcon, pour ne citer que celles-ci. Le vignoble bourguignon s’étend sur près de 47 000 hectares. Un climat peu favorable et une latitude relativement élevée pour une région viticole, auraient pu être deux facteurs défavorables à la production de vins exceptionnels. Cependant, une parfaite adéquation entre les cépages, les conditions naturelles et une structure géologique diverse, permettent à la Bourgogne de produire des vins d’excellence.
2. Histoire
L’histoire de la région viticole bourguignonne remonterait à l’époque gallo-romaine. Les Grecs ou les Romains auraient vraisemblablement introduit la culture de la vigne en Bourgogne. Mais cette culture prend réellement son essor au Moyen-âge, grâce aux moines bénédictins (abbaye de Cluny) et cisterciens (abbaye de Pontigny et Cîteaux). Les moines cultivèrent alors les sols « pauvres » de cette région, certains que l’on pouvait y développer la culture de la vigne. Ces moines furent notamment à l’origine de la création de célèbres parcelles. Visionnaires, ils sélectionnèrent chaque cépage afin de le planter sur le sol le mieux adapté.
Le Clos de Tart résulte de l’achat par les moines cisterciens de Notre-Dame-du-Tart d’un vignoble à Morey-Saint-Denis. (le clos de Tart est aujourd’hui même une appellation).
La création de la parcelle de 1,8 hectare de Romanée Conti, plantée uniquement en pinot noir par les moines de Saint-Vivant, date du XVème siècle. Elle n’a d’ailleurs pas évolué, ni bougé depuis.
La domination des ducs de Bourgogne (Philippe le Hardi, Jean Sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire) en France et au Benelux permit également aux vins de Bourgogne de connaître une époque plus que prospère aux XIVème et XVème siècles. Il est à noter que le chancelier Nicolas Rolin, nommé par Charles le Téméraire, est notamment à l’origine de la construction de l’Hôtel-Dieu de Beaune, bâtiment principal des hospices de Beaune.
Cependant, au cours des siècles qui suivirent, la Bourgogne connait de nombreux bouleversements, qui peuvent notamment expliquer sa complexité actuelle. En effet, la Révolution a énormément divisé les vignobles de Bourgogne. Tout comme le Code Napoléon, qui fut l’un des facteurs majeurs de la parcellisation actuelle. Les parcelles furent divisées à de nombreuses reprises, entre les différents héritiers. Ainsi, on peut retrouver sur le clos d’un village, des cultivateurs du même nom, travaillant sur des parcelles de ce clos différentes et ainsi produisant des vins totalement différents.
La Bourgogne a également, comme de nombreuses régions françaises, subi les ravages du phylloxéra au XIXème siècle. Ses vignobles eurent cependant la chance de ne pas être trop endommagés par les deux guerres mondiales.
3. Cépages
La Bourgogne produit de grands vins blancs secs, et de grands vins rouges. Deux cépages ont fait la renommée de ces derniers : le pinot noir et le chardonnay.
Le pinot noir est cultivé sur des terres marneuses, et il offre des vins de garde, puissants, riches et d’une grande complexité aromatique.
Bien que cultivé à travers le monde entier, le chardonnay a pour terre de prédilection la Bourgogne. Il est surtout cultivé sur des sols de marnes argilo-calcaires.
Le gamay est également cultivé, mais essentiellement pour le Beaujolais.
D’autres cépages, l’aligoté et le sauvignon, sont également utilisés dans cette région, mais à plus petite échelle. Ils interviennent dans la composition de certains vins.
4. Appellations
On peut distinguer différents degrés d’appellations :
Les appellations régionales. Cette appellation désigne tous les vins produits dans l’aire viticole bourguignonne. De manière générale, les vins sont désignés par l’appellation « Bourgogne ». Les producteurs peuvent y ajouter le cépage (Bourgogne aligoté par exemple) ou la sous-région de production (Bourgogne Côte Chalonnaise, Bourgogne Hautes-Côtes-de-Beaune). Les appellations Bourgogne Passe-tout-grain et Bourgogne grand ordinaire sont deux appellations, qui existent, mais vouées à disparaître. Les vins du beaujolais sont appelés par l’appellation beaujolais, beaujolais supérieur, beaujolais et le nom de leur commune, beaujolais-villages et possèdent également des appellations communales. D’autres appellations régionales existent également, notamment pour désigner les vins de l’Yonne et de Saône et Loire.
Les appellations communales ou villages. Certaines communes ont droit a une appellation propre (ex : Pommard). Ces communes ont également le droit d’apposer le nom d’une vigne particulière (Pommard La Combotte) et certaines sont également classées premier cru (ex : Pommard Les Epenots 1er cru).
Les appellations grands crus. Les grands crus sont désignés par le seul nom du cru, qui constitue à lui seul une appellation. Cependant, certaines communes ont la possibilité de faire suivre le nom de leur commune par leur plus prestigieux grand cru, ex : Chambolle-Musigny est une appellation communale et Musigny est une appellation grand cru. Les 33 grands crus sont Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet, Bonnes-Mares, Chablis Grand Cru, Chambertin, Chambertin-Clos de Bèze, Chapelle-Chambertin, Charlemagne, Charmes-Chambertin, Chevalier-Montrachet, Clos de la Roche, Clos de Tart, Clos de Vougeot, Clos des Lambrays, Clos Saint Denis, Corton, Corton-Charlemagne, Criots-Bâtard-Montrachet, Échezeaux, Grands Échezeaux, Griotte-Chambertin, La Grande Rue, La Romanée, La Tâche, Latricières-Chambertin, Mazis-Chambertin, Mazoyères-Chambertin, Montrachet, Musigny, Richebourg, Romanée-Conti, Romanée-Saint-Vivant, Ruchottes-Chambertin.
5. Comment lire une étiquette de vin de Bourgogne?
Différentes mentions sont obligatoires sur une étiquette de vin.
- Le nom du producteur, du domaine ou du clos
- La dénomination du vin : appellation
- Le degré alcoolique
- L’embouteilleur, c’est-à-dire le nom, l’adresse et la fonction de la personne ayant réalisé la mise en bouteille
- Le pays d’origine
- Le volume de la bouteille
- Le numéro de lot
- Les mentions allergènes
D’autres mentions peuvent être présentes sur cette même étiquette :
- Le millésime. Il ne sera présenté sur l’étiquette uniquement si toute la récolte provient d’une seule et même année.
- Le nom du cépage. Il ne sera présenté que si le cépage est lui-même une appellation. Ex : bourgogne aligoté
- Le mode de culture. Ex : vin biologique
6. Le classement des vins de Bourgogne
Il n’existe malheureusement jusqu’à aujourd’hui, contrairement aux vins de Bordeaux, aucun classement des vins de Bourgogne.